DEBROUSSAILLEZ, C'EST LA LOI ! 


Débroussailler : l'exemple girondin nous rappelle que ça n'arrive pas qu'aux autres

Cet été, la Gironde a vécu l'un des pires incendies de son histoire. Parti le 22 juillet, le feu a détruit 240 habitations et chassé 220 000 personnes de chez elles. Les pompiers, eux, ont pu sauver 2 000 maisons, au prix d'un combat acharné « îlot par îlot ». Un habitant du Porge confiait : « Quand on a acheté ici, on ne pensait pas au risque d'incendie ». 90% des terrains ceinturant ces 240 maisons n’étaient pas débroussaillés. À Cherval, entourée de bois, la question se pose aussi.

Ce que prévoit la loi. Le Code forestier impose aux propriétaires de constructions situées dans un massif boisé, ou à proximité (jusqu'à 200 mètres), de débroussailler autour de leur habitation sur un rayon de 50 mètres. Les abords des voies d'accès privées sont aussi concernés, sur 10 mètres de chaque côté. Si une partie de la zone se trouve chez un voisin, l'obligation demeure : il faut alors lui demander l'accord d'intervenir.

Concrètement :

  • Supprimer ronces, broussailles, herbes sèches et bois mort ;
  • Élaguer les arbres conservés sur les premiers mètres de leur tronc ;
  • Espacer les arbres pour que le feu ne passe pas de cime en cime ;
  • Éloigner les branches des toitures et des cheminées.

Débroussailler ne veut pas dire raser : on garde les arbres, on retire seulement ce qui nourrit le feu. Une maison débroussaillée est aussi plus facile à défendre pour les pompiers.

En cas de manquement, le propriétaire s'expose à une mise en demeure, puis à des sanctions financières, et la commune peut faire exécuter les travaux à ses frais. L'assureur peut aussi réduire son indemnisation après un sinistre.

Pour s'y retrouver, la mairie de Cherval renseigne sur les règles applicables à chaque parcelle, selon l'arrêté préfectoral de la Dordogne. Pour savoir si l’on est concerné, il suffit d’interroger le site georisques.gouv.fr et de télécharger le rapport de risques près de son bien. Quoi qu’il en soit, les propriétaires concernés recevront au début de l’hiver une lettre rappelant les obligations légales et des contrôles pourraient avoir lieu au début du printemps.